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Construire en milieu insulaire exige une rigueur absolue. Soumises aux vents dominants et aux pluies battantes de l’Atlantique, les façades d’une maison ne pardonnent aucune approximation technique. Récemment, nous sommes intervenus à Belle-Île-en-Mer (56) pour une expertise décennale sur une maison contemporaine mixte : façades en maison ossature bois (MOB) isolées en laine de bois et pignons en béton cellulaire.
Le constat est alarmant : un enchaînement de malfaçons a conduit à une dégradation majeure de la structure et à l’apparition du pire ennemi du bois : la mérule.
Dégradation de l’isolant fibre de bois derrière le parepluie et l’ITE.
L’actuel sinistre résulte de la convergence de deux pathologies distinctes mais cumulatives, qui ont transformé l’isolant et la structure en véritable éponge.
Le premier problème provient des points singuliers que constituent les ouvertures (fenêtres et baies) de l’étage et du rez-de-chaussée. Les calfeutrements et les liaisons d’étanchéité entre les dormants des menuiseries et l’ossature bois n’ont pas été réalisés dans les règles de l’art (Non-respect du DTU 31.2).
Par temps de pluie battante, l’eau s’est infiltrée massivement derrière le bardage. La laine de bois, qui sert ici d’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE), a stocké cette humidité. Ce matériau, bien que d’excellente qualité biosourcée, perd tout pouvoir isolant lorsqu’il est saturé d’eau et devient le terreau parfait pour les champignons lignivores.
Mécanisme de transport de l’eau liquide par capillarité dans les fibres de bois.
En soubassement, une seconde erreur — tout aussi grave — a été commise. Lors de la pose des lisses porteuses (les pièces de bois horizontales fixées sur la dalle béton qui supportent les montants de l’ossature), aucune barrière d’étanchéité ni bande d’arase n’a été installée.
Le béton cellulaire des pignons et la dalle basse ont naturellement pompé l’humidité du sol. En l’absence de coupure de capillarité, cette eau est remontée directement dans les lisses basses par effet de mèche. Résultat : un pourrissement structurel de la base des murs.
L’obscurité, le confinement derrière l’ITE, une humidité constante supérieure à 20-22% et une température douce ont créé les conditions de laboratoire idéales pour le développement de la mérule pleureuse.
Ce champignon ne se contente pas de détruire le bois sur place : il développe des cordonnets mycéliens capables de traverser les joints du béton cellulaire pour aller chercher de l’eau et étendre ses ravages aux pièces saines de la maison. La solidité structurelle de l’ossature est aujourd’hui compromise.
Face à l’ampleur des dégâts, la déclaration de sinistre auprès de l’assurance Dommages-Ouvrage (DO) ou directement auprès de la garantie décennale des constructeurs (charpentier/maçon) était incontournable. Les critères de la décennale sont ici parfaitement remplis :
La présence de mérule (critère de toxicité pour la santé et destruction du bâti) et la perte totale des capacités isolantes de la maison rendent le logement inhabitable.
Le pourrissement des lisses porteuses affecte directement la stabilité de la structure porteuse en bois.
L’expertise a permis de valider un protocole de reprise lourd qui sera pris en charge par les assurances :
Les normes DTU et les règlementations en vigueur tel que la RE2020 sont aussi des points de vérifications essentiels à la bonne réalisation du bâtiment.
Votre Expert Construction BEB vous accompagne pour toutes vos demandes d’expertise et suivis de chantier sur :